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 Mais pourquoi les feuilles changent-elles de couleurs

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Mais pourquoi les feuilles changent-elles de couleur puis tombent à l’automne ?
Des facteurs saisonniers. La lumière, liée à notre latitude et à l’inclinaison de la Terre. Au cours de l’année, l’inclinaison de la Terre fait varier la durée du jour et la hauteur du Soleil dans le ciel. Ces variations sont à l’origine des saisons. En automne, le Soleil est plus bas sur l’horizon. Ses rayons répartissent leur énergie sur une plus grande superficie. La lumière disponible pour la photosynthèse diminue. La diminution de la durée d’éclairement constitue également un signal saisonnier. Ces phénomènes participent au déclenchement des processus physiologiques qui préparent de nombreuses plantes à la saison froide. La température. Celle-ci influence la vitesse des réactions biologiques. Des nuits fraîches, associées à une lumière suffisante, peuvent favoriser la coloration rouge. Un froid marqué peut accélérer la chute des feuilles.
Une économie de moyens. À cette période, ces plantes récupèrent une partie des ressources contenues dans leurs feuilles. Certaines molécules, notamment celles qui participent à la photosynthèse, sont dégradées. Des éléments nutritifs sont alors transférés vers d’autres parties de la plante, où ils pourront être réutilisés ou mis en réserve, l’azote, le phosphore, le potassium et le magnésium, par exemple. Le magnésium occupe une place particulière, il est au centre de la molécule de chlorophylle, le pigment qui donne aux feuilles leur couleur verte. À mesure que la chlorophylle se dégrade, d’autres pigments, déjà présents dans les feuilles, deviennent plus visibles. Ils donnent les teintes jaunes et orangées. Chez certaines espèces, des pigments rouges, les anthocyanes, sont également produits au cours de cette période.
Des stratégies différentes selon les végétaux. Sous nos latitudes, certains végétaux indigènes conservent des feuilles en hiver. C’est le cas du houx, du lierre et du buis. On parle de végétaux à feuillage persistant. Leurs feuilles ont une durée de vie plus longue, mais elles se renouvellent elles aussi. Leur activité ralentit lorsque les conditions deviennent défavorables. D’autres arbres conservent sur leurs branches leurs feuilles mortes pendant une partie de l’hiver. C’est le cas du hêtre, du charme et de certains chênes. Ces feuilles finissent par tomber, souvent au moment du développement des nouvelles feuilles au printemps. Ce phénomène porte le nom de marcescence, et son importance varie selon l’espèce, l’âge de l’arbre et les conditions.
Les plantes d’intérieur, une autre relation aux saisons. La plupart des plantes vertes sont persistantes. De nombreuses espèces sont originaires des régions tropicales, où les températures restent relativement stables toute l’année et où il n’existe pas d’hiver froid comparable à celui de nos régions. La durée du jour y varie généralement moins au cours de l’année. Ces plantes ont évolué dans des milieux où elles peuvent conserver leurs feuilles vivantes pendant de longues périodes. Nos conditions de logements, notamment la température, permettent souvent de maintenir cette stratégie.
Une autre stratégie. Les conifères possèdent des feuilles en forme d’aiguilles ou d’écailles, qui contribuent notamment à limiter les pertes d’eau. Ces feuilles peuvent être conservées plusieurs années et se renouvellent progressivement. Certaines espèces persistantes prennent des teintes cuivrées, jaunes ou brunâtres au cours de l’automne ou de l’hiver. Pour d’autres, ces changements de couleur précèdent la chute des feuilles. Parmi ces exceptions, le mélèze, le cyprès chauve et le métaséquoia perdent leurs aiguilles ou leurs feuilles à l’automne. Ils montrent que, même parmi les conifères, les stratégies face aux saisons sont diverses. Enfin, l’arbre aux quarante écus, ou ginkgo, perd lui aussi ses feuilles en automne. Il appartient également aux gymnospermes, mais ce n’est pas un conifère.
Chaque année, les plantes transforment nos automnes en aquarelles colorées, comme une apothéose avant le repos hivernal. Au-delà de cette magnificence, elles témoignent de leur adaptation à des conditions changeantes. Elles nous révèlent, à travers ces multiples facettes, leur remarquable capacité d’évolution et d’adaptation.

                                                                                                                                                 Christian Méline


Catégorie : Activités - Rubrique Christian Méline-2026
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