LE GUI PARASITE PARTIEL
Prisé des druides pour ses vertus médicinales, le gui (Viscum Album) est une plante hémiparasite : cela signifie qu’il effectue lui-même la photosynthèse pour reproduire sa propre matière carbonée à partir de la sève brute prélevée sur son hôte par ses suçoirs. Il est donc partiellement nuisible aux arbres feuillus, dont il colonise les ramifications. On rencontre assez souvent ce végétal à feuilles vertes persistantes dans le houppier des vieux pommiers de plein vent, peupliers, aubépiniers, érables, robiniers, sorbiers, tilleuls ou saules. Contrairement aux idées reçues, il existe aussi des espèces de gui qui envahissent les conifères : le gui du pin (sur l’épicéa, le pin noir, le pin à crochets, le pin de Corse et le pin sylvestre) et le gui du sapin pectiné. Le gui est pollinisé par les insectes. Après la fécondation, quel que soit e type de gui, chaque fruit renferme des substances visqueuses (viscine) et contient une seule graine à germination printanière (avril). Cette dernière est disséminée par certains oiseaux- insectivores à la belle saison mais fructivores en hiver- comme la fauvette à tête noire, le jaseur boréal, la grive draine et, dans une moindre mesure, le geai des chênes, la pie et le casse-noix moucheté. Une fois la graine rejetée par les oiseaux, elle reste collée aux branches par la viscine qui l’entoure, puis elle va germer et émettre des suçoirs qui vont se développer d’abord dans l’écorce, puis dans le cambrium. Une boule de gui peut vivre 35 ans et produire plus de 30.000 baies mais, en général, seulement deux de ces baies donneront naissance à une nouvelle « touffe mère » et une nouvelle « touffe père » car la faculté de germinative est très limitée. Pour germer, la graine de gui doit subir le froid hivernal (vernalisation). D’autres facteurs de régulation naturelle existent : la palombe (pigeon ramier) détruit les graines au cours de la digestion. La mésange bleue se nourrit de la partie visqueuse des baies (albumen) et des plantules, mais casse 90% des graines. Certaines limaces arpentent les arbres jusqu’à 3 mètres de hauteur. Une fois en haut, elles se nourrissent des graines qu’elles détruisent0 Les insectes et les champignons pathogènes du gui comme Sphaeropsis visci sont également des moyens de régulation. Si nécessaire, en complément, il faut couper les branches parasitées par les touffes, sauf si l’infestation est devenue trop importante, car cette méthode peut être mutilante. L’idéal est d’observer régulièrement les arbres sensibles et d’intervenir au plus tôt.
LE PROBLEME DU GUI
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